Sport sur ordonnance !

" L'activité physique et sportive n'a plus à démontrer son efficacité sur la santé, elle devrait être rembourssée par la sécurité sociale et les mutuelles" C'est sur cette idée qu'est né le projet "Sport sur Ordonnance" dont l'amendement a été adopté le 30 novembre 2015 dans le cadre de la loi sur la modernisation du système de santé. Il prévoit que " le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient". Toutefois, le décret d'application* tarde à voir le jour (il est prévu pour la fin 2016). Toutefois, le projet a donné lieu à plusieurs expérimentations, on peut citer l'exemple de la ville de Strasbourg qui déjà depuis 2012 a mis en place un programme intitulé "Sport Santé". Les médecins généralistes de la ville prescrivent  aux patients diabétiques, à ceux soufrant de MCV stabilisées ou à des patients en rémission du cancers du sein ou du colon depuis au moins 6 mois, de l'activité physique. Ces patients sont ensuite pris en charge par des éducateurs sportifs de la ville. Dans le département des  Hauts-de-Seine, l'Assurance Maladie propose un progamme: " Santé sport 92" qui prend en charge les cours de sport de certains assurés atteints d'un cancer. 

*Le décret fixera un socle de conditions d’application telles que  :

  • le niveau de formation requis et les compétences nécessaires pour les professionnels qui vont accompagner les patients atteints de maladies chroniques à pratiquer cette activité physique adaptée,
  • le type d’établissements où seront pratiquées une ou plusieurs activités physiques adaptées et qui devront présenter pour chaque type d’activité et d’établissement des garanties d’hygiène et de sécurité.

La Direction Générale de la Santé (DGS – ministère de la Santé) et Direction des Sports (DS – ministère des Sports) travaillent de concert sur ce volet. D’autres Directions d’administration centrale sont associées dans la rédaction, notamment la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) pour la pratique d’une activité physique adaptée dans les établissements de santé, ou encore la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) pour les établissements médico-sociaux, etc.).Les Agences régionales de santé (ARS) et les Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) sont consultées.

Des mesures d’accompagnement sont  en cours de définition:

Afin d’aider le médecin traitant dans sa prescription, l'HAS travaille actuellement à l’élaboration de recommandations sur la prescription médicale de l’activité physique adaptée chez un patient atteint d’une pathologie chronique. La HAS devra produire des recommandations relatives au suivi des pathologies chroniques, des référentiels de prescription par pathologies (diabète, obésité, broncho-pneumopathie chronique obstructive, cancer, dépression, hypertension artérielle, pathologies neuro-cardiovasculaires comme l’insuffisance cardiaque, les maladies coronaires, les AVC, etc.), ainsi que des outils d’évaluation de la condition physique utilisables par le médecin.

Un groupe de travail, piloté par la DGS, a également été mis en place sur les compétences des professionnels qui encadreront la pratique de l’activité physique adaptée, dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS) et du Plan national santé, sport et bien-être : « Activité physique et prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques : quelles compétences pour quels patients ? Quelles formations ? »